Pôle emploi dirige des chômeurs droit dans le piège

Roubaix : l’annonce de Pôle emploi était une arnaque à l’embauche

mardi 11.10.2011, 05:24 – SARAH BINET ET ROBERT LEFEBVRE

Après cinq mois de chômage, Nabil (1) pensait avoir enfin retrouvé un travail. L’annonce publiée sur le site de Pôle emploi était alléchante : chauffeur-livreur, en CDI, payé 1 500 € brut par mois pour un grand groupe de logistique français. Mi-septembre, ce jeune trentenaire décroche donc son téléphone et appelle la société roubaisienne Ellyt recrutement pour proposer sa candidature. …

 Au bout du fil, la secrétaire l’invite à passer dans les bureaux situés en plein centre-ville pour y remplir une fiche de renseignements. « J’ai dû préciser mon numéro de sécurité sociale, mon adresse mais aussi le prénom de mon père, par exemple. Ça m’a d’abord étonné, mais comme j’étais dans des bureaux avec le nom de l’entreprise, ça me paraissait sérieux », témoigne Nabil.

Recontactée, cette même secrétaire l’invite à passer jeudi au siège de la société pour un entretien d’embauche. À peine reçu, le jeune homme s’entend dire d’emblée que sa candidature a été retenue. Trop content de retrouver un travail, il ne se méfie pas, remplit un second questionnaire, mentionnant ses tailles de vêtements, sa pointure… Et laisse sa carte d’identité, « pour que l’on fasse les vérifications d’usage. Vous viendrez la récupérer samedi », lui dit-on.

Fin de semaine, Nabil vient récupérer ses papiers, et découvre, stupéfait, que les locaux sont vides. Plus aucun dossier. Plus aucune pièce d’identité. La jeune secrétaire, paniquée, accueille ceux qui pensaient avoir été embauchés et leur explique que la société a été « cambriolée ». « On était une quinzaine, rapporte Nabil. Tous ceux dont la pièce d’identité a disparu ont un nom à consonance maghrébine. Sur le coup, on a cru au cambriolage, mais après réflexion, on a compris que c’était une arnaque. » Alerté, Pôle emploi a retiré hier toutes les annonces d’Ellyt recrutement. « C’est inadmissible pour les demandeurs d’emploi. Pourtant, toutes les vérifications avaient été faites. Nous nous réservons le droit de porter plainte », explique la direction qui invite « les victimes à déposer plainte personnellement ». Trois plaintes ont d’ores et déjà été déposées à Roubaix. Des dizaines d’autres pourraient suivre.

Même chose à Vaulx en Velin:

Vaulx-en-Velin : une fausse entreprise pour une grosse arnaque 

Escroquerie. Dans l’espoir d’un contrat, une cinquantaine de chômeurs ont donné leur vraie pièce d’identité à une fausse entreprise. La société a levé le camp, les papiers d’identité ont disparu, pour alimenter un trafic de faux papiers.

 

« C’était sans doute trop beau pour être vrai ». Kader* sait aujourd’hui qu’il a été naïf. « On m’aurait demandé mes papiers dans la rue, je ne les aurais pas donnés. Mais là, il y avait tout : un bureau, une secrétaire, une adresse. On me proposait un bon contrat : je n’ai pas fait de manières et j’ai laissé ma carte d’identité », raconte-t-il.

Comme cinquante autres demandeurs d’emploi, Kader* semble avoir été victime d’une grosse arnaque, particulièrement bien ficelée.

Le faux entrepreneur se présente sous le nom de Hicham Chakkem, affirme qu’il est en train de créer une société, ALR Recrutement. Il sous-loue un bureau dans la zone industrielle de Vaulx-en-Velin, au 12 rue Louis-Saillant, y installe un bureau et un ordinateur. Il se rend ensuite chez Pôle Emploi. Sans vérifier les papiers de la société mais très efficace sur le recrutement, Pôle Emploi lui envoie une secrétaire et une centaine de CV de chauffeurs, de magasiniers, de manutentionnaires. « J’ai vu l’annonce et c’est la secrétaire qui m’a reçu début septembre, pour un entretien où j’ai rempli une fiche, avec mon numéro de sécu, le nom de mon père (!)», raconte Kader. Le scénario se répète à l’identique pour cinquante personnes.

La semaine dernière, la secrétaire rappelle tout le monde, pour un nouvel entretien. « Elle m’a annoncé que ma candidature était retenue : j’étais engagé comme chauffeur pour 1 250 euros net et 180 euros de prime. Je pouvais même choisir mon secteur », poursuit Kader*. Comme tous les autres, il est content : il signe et laisse sa pièce d’identité.

Fatima*, la sœur d’une autre victime, raconte : « Mon frère a débouché le champagne ! Après avoir vécu avec 500 euros, il était heureux d’avoir retrouvé un travail avec un bon salaire ».

La joie dure le temps d’un week-end. Mardi, quand Kader* passe récupérer sa carte d’identité, il trouve un local vide et une secrétaire sous le choc. Tout a disparu, et surtout les papiers d’identités. « Toutes les personnes recrutées étaient d’origine maghrébine. Avec des papiers faciles à négocier sur le marché des faux papiers », souligne-t-il.

Lui-même dit sa colère face à Pôle Emploi « qui a servi d’appât. Ils nous mettent la pression en nous menaçant de retirer notre allocation, et ils n’ont rien vérifié ».

Les deux victimes se reprochent de s’être laissées abuser. « Je me sens mal. En mon nom, on peut faire des choses graves. Je pourrais avoir des problèmes ».

Les cinquante victimes sont en train de déposer plainte, tout comme Pôle Emploi (qui n’a pas souhaité s’exprimer).

* prénoms d’emprunt

 

Publié dans Uncategorized | 1 commentaire

Un agent Pôle Emploi condamné pour le détournement de plus de 317.000 euros

A ne pas oublier quand vous avez un agent de Pole emploi en face de vous!

Non seulement, ils peuvent vous donner de fausses informations mais ils peuvent aussi vous piquer vos allocations! comme dit le 3949 « pôle emploi, à votre service! »

D’après l’AFP:

Un agent de Pôle Emploi à Lyon a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel à deux ans de prison, dont un avec sursis, pour avoir détourné en deux ans 317.114 euros d’allocations chômage. Sa peine sera aménagée car le tribunal n’a pas retenu le mandat de dépôt demandé par la procureure à l’audience. Son épouse, une institutrice à la retraite, a été condamnée pour sa part à deux ans de prison avec sursis pour « recel de blanchiment d’escroquerie ».

Tous deux sont mis à l’épreuve pendant trois ans et ont l’obligation de rembourser Pôle Emploi. Le couple était criblé de dettes, interdit bancaire et grâce à de simples manoeuvres informatiques, l’homme de 56 ans avait monté son escroquerie entre février 2008 et mai 2010, en réactivant des dossiers d’anciens allocataires pour en faire bénéficier des identités de ses proches. Grâce aux allocations détournées, le couple a pu rembourser ses créanciers et même souscrire de nouveaux emprunts pour s’offrir maison et voiture. « Ils n’ont pas mené une vie de luxe », a assuré l’avocat de l’épouse. La procureure Claire Jacquin, estimant les revenus mensuels du couple à 19.000 euros durant la période de l’escroquerie, a requis deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt pour l’agent, et deux ans avec sursis pour son épouse.

Pas de mandat de dépôt et aménagement de peine, ça veut dire qu’ils peuvent profiter de tout l’argent qu’ils ont mis de côté! « Service public » ou comment se servir sur le dos du public!

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Pôle emploi propose un poste de strip-teaseuse

un article du figaro qui montre toute la beauté de Pôle emploi….

Pôle emploi affirme que les offres déposées sur son site sont contrôlées.
Pôle emploi affirme que les offres déposées sur son site sont contrôlées.  

L’offre a été envoyée à une éducatrice de 53 ans, au chômage depuis un an. Pôle emploi explique que ce type d’offre, «très sérieuse», est envoyé aux chômeurs dont les critères de recherche ne sont pas affinés.

«Recherche strip-teaseuse, 12 euros de l’heure. Au sein d’un établissement privé vous interprétez des œuvres chorégraphiques avec des techniques classiques du strip-tease topless, du mercredi au samedi. Horaires: de 21h à 5h du matin». Danielle Casadamont, éducatrice spécialisée de 53 ans au chômage depuis un an dans l’Hérault, a eu la surprise de recevoir cette offre d’emploi. Sa surprise a été encore plus grande lorsqu’elle s’est rendue compte que l’expéditeur n’était autre que Pôle Emploi. «Je ne sais pas si je corresponds aux critères. Vous savez, je n’ai plus un corps de jeune fille», ironise cette dernière au micro d’RTL ce mardi.

Si elle rit jaune aujourd’hui, Danielle Casadamont avoue avoir été très en colère sur le moment: «Ce qui me perturbe, c’est la déontologie de Pôle emploi. S’ils nous proposent de nous foutre à poil pour gagner notre vie, où est la limite, ça suffit!».

Filtrage

Interrogé, un porte-parole de Pôle emploi dit «comprendre» que cette femme soit «énervée», mais refuse de parler d’erreur de la part de l’organisme public: «si elle a reçu cette offre, c’est parce qu’elle avait demandé de recevoir toutes les offres d’emploi disponibles à moins de trente kilomètres de chez elle, sans préférence pour le domaine d’activité et le type de contrat», explique-t-il.

Lors de leur recherche d’emploi, les chômeurs peuvent en effet recevoir toutes les offres de Pôle emploi. À condition d’établir des critères de sélection car le système est complètement automatisé. «À aucun moment, un conseiller ne s’est dit ‘je vais envoyer cette offre à cette femme en particulier’. C’est automatique à partir du moment où les offres sont déposées par les employeurs. C’est pour cela qu’il faut bien cerner la recherche d’emploi. Si elle change ses critères de recherche, elle ne recevra pas d’offre aussi éloignée de son métier d’éducatrice», note le porte-parole.

Ce dernier admet toutefois que les conseillers exhortent les demandeurs d’emploi à filtrer le moins possible leur recherche dans un marché du travail aussi difficile : «on ne peut qu’encourager à élargir le champ car autrement, la personne à la recherche d’un emploi pourrait laisser s’échapper un travail qui, même s’il ne correspond pas exactement à son profil, correspond à ses compétences».

«Une offre sérieuse»

Et pour ce qui est de l’offre de strip-teaseuse en elle-même, rien à redire non plus: «Danseur est un métier à part entière», rétorque le porte parole de Pôle emploi. Selon lui, cette offre est «sérieuse» car elle respecte les critères qu’impose l’organisme public aux employeurs: établir une offre «claire», avec un salaire qui n’est pas sous le Smic et sans critères discriminants. «De toute façon, en cas de doute sur une offre, un conseiller Pôle emploi entre en contact avec l’employeur pour faire la mise au point», ajoute le porte-parole.

Pôle emploi assure que même si ce type d’offre peut choquer, impossible de les censurer: «le rôle premier de Pôle emploi est de diffuser toutes les offres disponibles lorsqu’elles sont sérieuses. Nous n’avons pas un rôle moralisateur auprès de l’employeur, nous ne pouvons pas filtrer les offres sur des critères purement subjectifs. Nous avons l’obligation de les fournir. On obéit à la loi», conclut le porte-parole.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Nouveau record pour le chômage en France depuis 12 ans

PARIS (Reuters) – Le chômage a poursuivi sa hausse en décembre en France pour atteindre son plus haut niveau depuis septembre 1999, selon les chiffres publiés mercredi par le ministère du Travail et Pôle Emploi.

Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A (ceux n’ayant exercé aucune activité) a augmenté de 29.700 (+1,0%) le mois dernier en France métropolitaine pour s’établir à 2.874.500. Sur un an, la hausse est de 5,6%.

En ajoutant les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 0,6%, soit 25.900 personnes de plus, pour atteindre 4.270.700. Sur un an, la hausse est de 5,6%.

Avec les départements d’Outre-mer, le nombre de demandeurs d’emploi s’établit à 4.537.800, un chiffre sensible à trois mois de l’élection présidentielle.

La hausse a été particulièrement vigoureuse pour les personnes âgées de plus de 50 ans et, dans une moindre mesure, pour les moins de 25 ans.

En catégorie A, le nombre de demandeurs âgés de moins de 25 ans a ainsi progressé de 1,3% (+2,8% sur un an) contre 0,7% pour les 25-49 ans (+3,2% sur un an) et 2,0% pour les plus de 50 ans (+16,0% sur un an).

En catégories A, B et C, ce nombre a augmenté de 0,5% pour les moins de 25 ans (+2,5% sur un an), de 0,4% pour les 25-49 ans (+3,5% sur un an) et de 1,5% pour les 50 ans et plus (+15,5% sur un an).

Le nombre des chômeurs de longue durée (inscrits depuis un an ou plus) augmente autant que celui des autres demandeurs d’emploi, soit +0,6% pour les catégories A, B et C (+6,2% sur un an) contre +0,6% (+5,2% sur un an).

Le nombre des offres d’emploi collectées par Pôle emploi a baissé de 5,5% en métropole (+7,1% sur un an) et le nombre des offres d’emploi satisfaites a baissé de 4,1% (+12,2% sur un an).

L’Insee a annoncé le 1er décembre que le taux de chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) avait augmenté de 0,2 point au troisième trimestre à 9,3% en métropole (9,7% en incluant les départements d’outre-mer).

Dans sa note de conjoncture publiée le 15 décembre, l’institut de la statistique estimait que le taux de chômage pourrait atteindre 9,6% fin juin 2012 en métropole et dépasser 10% sur la totalité du territoire.

Publié dans Pôle Emploi | Tagué , , | Laisser un commentaire

La CFDT reconnaît que la fusion de Pôle Emploi est un échec.

« Le malaise des chômeurs et des agents du Pôle emploi ne se traite pas d’un revers de la main »

Article tiré du journal Le monde

La CFDT, qui avait jusqu’à présent soutenu la fusion des services de l’ANPE et les Assedic, a publié mercredi 25 mai une enquête sévère d’une soixantaine de pages donnant la parole à des demandeurs d’emploi et des employés du Pôle emploi. Intitulée « Malaise des deux côtés du guichet », cette série de témoignages se veut révélatrice d’un « parcours du combattant quotidien ». Entretien avec Laurent Berger, secrétaire national responsable des questions d’emploi à la CFDT.

Comment avez-vous récolté ces témoignages ? Avez-vous seulement donné la parole à des adhérents de votre syndicat ?

Cet automne, nous avons voulu faire un sondage à la sortie d’une agence. Nous nous sommes aperçus que les gens faisaient la queue pour nous répondre malgré le froid. On s’est dit qu’il y avait un gros problème. On a juste fait ce qui est la base du syndicalisme : recueillir un afflux de témoignages spontanés. Pas seulement des syndiqués à la CFDT, bien au contraire. C’est vraiment un sentiment généralisé.

Qu’en retenez-vous ?

Ce qui m’a frappé, c’est l’émotion des gens. Les agents expriment un mal-être vraiment inquiétant. Certains ont pleuré. Nous sommes également confrontés à une énorme incompréhension de la part des chômeurs qui s’exclament massivement : « On se fout de nous. »

Le pire, c’est ce sentiment de ne pas être écouté sur des trucs de bon sens. Par exemple, cet agent qui ne peut donner aucun numéro de téléphone aux chômeurs à qui il laisse un message car il n’a pas de ligne directe. C’est à tomber par terre pour n’importe quelle personne qui réfléchit trente secondes.

Nous ne voulons pas ‘planter’ le Pôle emploi, juste l’améliorer et écouter ce que vivent les gens. Il faut écouter.

Comment la CFDT, à l’origine favorable à la fusion des services de l’ANPE et les Assedic, en est-elle venue à rédiger ce « Livre noir » ?

Nous sommes toujours pour la fusion des dispositifs d’indemnisations et d’accompagnement des chômeurs. Car c’est une bonne chose si l’on se place de leur côté. Ce n’est pas l’idée qui est mauvaise. C’est sa mise en œuvre.

Evidemment, il faut admettre qu’il y a eu le problème de la crise avec un afflux conséquent de chômeurs. Et je pense qu’il y a eu deux péchés originels à cette réforme – hormis la précipitation qui est la marque de fabrique de la législature.

Le premier péché c’est d’avoir voulu fusionner deux métiers en un seul : l’indemnisation et l’accompagnement des demandeurs d’emploi. On voit qu’il y a un problème au niveau des agents. Il y a bien deux métiers. Il y a ceux qui calculent les indemnités et ceux qui aident à retrouver du travail. Aucun n’est plus important que l’autre.

Le deuxième péché est d’être entré dans une logique trop statistique et administrative liée à l’hypercentralisation. Je pense surtout au pseudo « suivi mensuel personnalisé » qu’on a voulu instaurer et qui est trop souvent plus collectif que personnel. Le but était soi-disant de diminuer le nombre de chômeurs conseillés par un travailleur du Pôle emploi. Mais aujourd’hui certains agents en ont jusqu’à 250 ! On a confondu accompagnement et suivi. On a créé des indicateurs de suivi qui ne sont pas des indicateurs de résultat.

Le directeur du Pôle emploi, Christian Charpy, juge votre enquête « caricaturale ». « C’est normal qu’il y ait de temps en temps des coups de stress, d’angoisse, mais de là à expliquer que le Pôle emploi c’est un enfer, il faut raison garder », a-t-il estimé. Que lui répondez-vous ?

On a dit qu’il y a un malaise, pas que c’est l’enfer. C’est différent. Si M. Charpy n’est pas capable d’entendre qu’une organisation syndicale qui était pour la fusion, qui est impliquée de longue date dans le service public de l’emploi, qui prend ses responsabilités et sait que ce n’est pas simple, tire la sonnette d’alarme aujourd’hui, ça veut dire que notre système démocratique fonctionne très mal. Il faut que les responsables politiques nous écoutent.

Vous avez l’impression de ne pas être écoutés ?

Non, nous, nous avons les moyens de nous faire entendre. Mais le malaise des chômeurs et des agents ne se traite pas d’un revers de main comme cela. Nous ne disons pas qu’il faut supprimer le Pôle emploi ! Mais il qu’il y a trop de gens qui en bavent. Ce ne sont pas que des chiffres et on ne peut plus faire comme si les gens n’existaient pas. La direction du Pôle emploi et l’Etat feraient bien d’entendre qu’il y a un profond problème.

Dans ce rapport, vous dénoncez en préambule une diminution du budget du Pôle Emploi au moment où la société a le plus besoin de ses services.

On a noté un désengagement de l’Etat au pire moment. Nous sommes en train de le vivre dramatiquement. 2010 a été une sombre année pour les finances du Pôle emploi. Mille huit cents postes ont été supprimés dans la dernière loi des finances et la dotation 2009 du Pôle Emploi a été amputée de 187 millions d’euros.

Encore une fois, c’est la faute d’une logique purement comptable. Une logique financière dans le budget et statistique dans l’évaluation. Mettons donc de l’humain dans tout ça.

Pourquoi sortir ce rapport aujourd’hui ?

Nous nous inscrivons surtout au lendemain du rapport d’activité du Pôle emploi sur lequel nous nous sommes abstenus. Nous voulons peser dans le débat public dans le cadre de l’ouverture prochaine de la convention tripartite 2012-2015 (Etat, Unedic et Pôle emploi). Nous ne sommes pas dans une guerre contre le Pôle emploi. Nous voulons juste incarner le malaise palpable.

L’enquête en question est disponible ici!

Publié dans Uncategorized | 3 commentaires

Brav – Prolétariat


Brav – Prolétariat par ti3rsmonde

Publié dans Uncategorized | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Réduire les minimas sociaux?

Ce que changeraient les propositions de Wauquiez

un article du Figaro: http://www.lefigaro.fr/emploi/2011/05/09/09005-20110509ARTFIG00705-ce-que-changeraient-les-propositions-de-wauquiez.php

09/05/2011 |

FOCUS – Les propositions du ministre ne convainquent pas les économistes. Quelles sont les minima sociaux aujourd’hui en France ? Et quelles seraient les conséquences possibles des mesures proposées ? Éléments de réponse.

Plafonner le cumul des minima sociaux, instaurer des heures de travail d’utilité générales aux bénéficiaires du RSA, augmenter les conditions d’éligibilité pour les étrangers… les propositions du ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, énoncées dimanche sur RMC et BFM TV, ont suscité une levée de boucliers à gauche et parmi les associations.

Comment fonctionne le RSA ?

Créé en 2009 par Martin Hirsch, alors haut-commissaire aux Solidarités actives, le Revenu de solidarité active (RSA) se divise entre un montant «socle» (466,99 euros cette année), versé à une personne qui n’a pas de travail et le «RSA activité» qui vient en complément d’un salaire faible. Son montant diminue au fur et à mesure que le salaire augmente.

Un bénéficiaire du RSA est tenu de suivre des actions d’insertion et ne peut pas refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi telles que définies dans son projet personnalisé. En 2010, 1,8 million de personnes ont bénéficié du RSA.

Quelle est la somme maximale aujourd’hui perçue par un allocataire ?

Il n’existe pas de plafonnement au cumul des minima sociaux inscrit dans la loi. Mais de fait, en additionnant les principales aides, certains montants maximum ressortent. Ainsi, en cumulant le RSA et l’aide au logement (qui varie en fonction du loyer et de la situation de la personne et peut atteindre 298 euros par mois), un célibataire sans enfant peut toucher au plus 709 euros par mois. Un couple dont les membres sont inactifs peuvent, pour leur part, toucher jusqu’à 945 euros par mois. Ce qui représente, effectivement, une somme supérieure à 75% du Smic net mensuel (804 euros), qui est le seuil maximum de cumul des minima sociaux proposé par Laurent Wauquiez.

Mais les personnes touchant le Smic ont, elles aussi, droit à des aides, comme l’allocation au logement et une prime pour l’emploi. Un couple dont l’un des conjoints gagne le SMIC peut ainsi disposer d’un revenu atteignant 1400 euros. Soit une différence notable avec un couple inactif, à hauteur d’environ 450 euros.

Pour les retraités, la situation est différente: «Il est possible que des allocataires du minimum vieillesse qui perçoivent l’aide au logement maximale touchent la même chose qu’un couple dans lequel un des conjoints travaille, explique Guillaume Allègre, économiste à l’OFCE spécialisé dans les politiques sociales. À partir de 65 ans, le problème de l’incitation au travail ne se pose plus. L’objectif est donc que la société garantisse aux plus âgés un niveau de vie supérieur au seuil de pauvreté».

À ces prestations, il faut ajouter les «droits connexes», très difficiles à estimer, qui sont des aides facultatives versées par les collectivités locales. Elles portent sur des domaines variés comme la restauration scolaire, les transports ou l’accès aux équipements sportifs, tels que la piscine.

Où se situe la France ?

Depuis cinquante ans, la part des prestations sociales dans le revenu disponible des Français a bondi, passant de 16,3% en 1960 à 30,8% en 2009, selon les chiffres de l’INSEE. Cependant, la France se situe aujourd’hui dans la moyenne des pays de l’OCDE: les principales aides sociales représentent 59% du salaire moyen. À titre de comparaison, elles atteignent 104% au Danemark, 84% au Japonn 83% en Irlande, 81% en Suède ou encore 63% en Allemagne.

Quelle serait la conséquence d’un plafonnement des minima sociaux ?

Le ministre des Affaires européennes souhaiterait «plafonner le cumul de tous les minima sociaux à 75% du Smic, pas plus». «Parler de plafonnement revient à vouloir réduire les aides», commente Guillaume Allègre. Mais avec un taux de chômage actuel à 9%, cette incitation financière devrait être inefficace, selon l’économiste: «Ce serait seulement faire en sorte que les pauvres soient plus pauvres».

Avis partagé par Christophe Noel, avocat spécialisé en droit social: «On sait que dans la majorité des cas, le problème ne vient pas de critères économiques mais personnels: ce sont, par exemple, des femmes ayant trois ou quatre enfants à charge, des handicapés ou bien des personnes atteintes de maladies. Un plafonnement ne changera donc rien au problème mais stigmatisera une partie de la population».

Instaurer des heures de travail d’utilité générale est-il réaliste ?

En contrepartie du RSA, Laurent Wauquiez propose d’instaurer cinq heures de travail hebdomadaires d’utilité générale. «C’est une proposition qui posent plus de questions qu’elle n’en résout, répond Guillaume Allègre. Il faudrait créer des emplois publics pour superviser ce travail. De plus, suivre un million de personnes risque de créer beaucoup de problèmes administratifs». Pour l’économiste, entre les frais de transports, les éventuels tickets restaurant, les difficultés de déplacement pour les personnes atteintes de problèmes de santé et les coûts de management, la proposition pourrait revenir plus cher que ce qu’elle rapporte.

Maître Christophe Noel craint également que la mesure se révèle inefficace: une mère de famille ou une personne atteinte d’un problème de santé aura toujours autant de difficultés à se rendre à ce travail. «Si certaines personnes refusent, est-ce qu’on leur supprimera leur minimum social? Dans ce cas, est-ce qu’il faudra créer un autre minimum, encore plus faible? s’interroge aussi Guillaume Allègre. Enfin, quelles activités seront considérées d’utilité publique? Et pourquoi ne pas créer des emplois publiques à leur place?»

Finalement, la proposition est surtout «symbolique», conclut Guillaume Allègre: «Rendre les conditions de vie des inactifs plus difficiles pour que les gens qui travaillent soient plus satisfaits».

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire